Freins et motivations des médecins généralistes à la pratique de l’interruption volontaire de grossesse : Etude quantitative réalisée auprès des assistants et des médecins généralistes en Belgique francophone
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- Introduction : L’interruption volontaire de grossesse (IVG) est au cœur de l’actualité et de différentes controverses. A ce jour elle n'est pas retenue au niveau international comme un droit des femmes. On estime qu’une femme belge sur cinq aura un jour recours à l’IVG et qu’une partie de ces femmes s’adresseront au médecin généraliste dans un premier temps. L’IVG est indéniablement un motif de consultation fréquent en médecine générale et plusieurs études ont démontré l'importance majeure du médecin traitant. Il existe néanmoins une pénurie de médecins la pratiquant en Belgique. L’objectif de ce travail était, d'une part, de mettre en évidence les motivations et les freins des médecins généralistes à pratiquer l’IVG, et d'autre part, d'analyser les facteurs qui influençaient ces freins et motivations des médecins. Méthodologie : Une étude quantitative a été menée par diffusion de questionnaires électroniques auprès des assistants et des médecins généralistes en Belgique francophone entre le 24/11/2022 et le 31/12/2022. Résultats : Un échantillon de 216 médecins a été obtenu. Les trois motivations principalement évoquées par les praticiens étaient l’importance du service médical rendu aux patientes (58,8%), l’accord de l’IVG avec leurs valeurs et leurs convictions (50,5%) et la diversification de leur pratique (28,7%). Les trois freins majeurs retenus étaient le manque de temps (39,4%), le manque d’accès à la formation (34,3%) et la crainte des complications médico-légales (25,5%). Le sexe, l’âge, le statut, le type de pratique du médecin et le fait de pratiquer l'IVG avaient une influence sur les différentes motivations et freins des médecins. Discussion et conclusion : Nos résultats étaient fortement similaires aux études antérieures traitant le même sujet. Si d’une part les assistants et les médecins généralistes témoignaient être conscients du service rendu à leurs patientes, ils étaient d’autre part confrontés à des obstacles majeurs tels que le caractère chronophage d’une telle pratique ainsi que d’un manque de compétence et de formation. Nos analyses sur la compréhension de ces facteurs devront être renforcées par des études complémentaires pour permettre l'amélioration de la pratique et l'offre de soins concernant l’IVG dans le but de garantir le droit à l’IVG aux femmes en Belgique.