La scénographie de la puissance vénitienne au tournant du XVIe siècle : théâtralité, absorption et représentation politique dans l’œuvre de Vittore Carpaccio.

(2026)

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Ce mémoire étudie la manière dont Vittore Carpaccio mobilise la théâtralité picturale pour transformer ses cycles religieux et festifs en théâtres du pouvoir, participant ainsi à la représentation et à la légitimation de la puissance de la République de Venise. L’étude s’appuie sur la distinction de Michael Fried entre absorbement et théâtralité, ainsi que sur les réflexions de Louis Marin concernant les rapports entre représentation et pouvoir. Le cycle de Sainte-Ursule constitue le principal objet d’analyse : le récit hagiographique y est envisagé comme instrument de légitimation au profit de la famille Loredan, tandis que les ambassades, l’architecture et les vêtements introduisent une pédagogie visuelle des hiérarchies et des codes politiques vénitiens. L’étude s’élargit ensuite à l’espace public de Venise à travers la théâtralité processionnelle et le rôle des compagnies della Calza. Le Miracle de la relique de la Croix au pont du Rialto permet ainsi d’analyser la hiérarchisation des pouvoirs urbains, religieux et institutionnels. Cette étude entend enfin montrer que Carpaccio n’est pas un simple chroniqueur, mais un véritable scénographe de la puissance, dont les œuvres contribuent à construire et fixer le « Mythe de Venise ».