Reconnaissance et validation de la profession d'artiste peintre : etude du processus de normalisation esthétique et sociale
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- Ce mémoire interroge les modalités contemporaines de reconnaissance et de validation de la profession d’artiste peintre, dans un contexte marqué par des mutations institutionnelles, sociales et numériques. L’auteure explore historiquement les mécanismes de légitimation artistique depuis la Renaissance jusqu’à l’ère numérique, en passant par l’académisme, les avant-gardes et la critique d’art. À partir des travaux de Heinich, Becker, Moulin, Bourdieu, Boltanski & Thévenot, elle analyse la tension entre individualisation du parcours artistique et exigences institutionnelles ou marchandes. Sur le plan théorique, trois approches sociologiques structurent l’analyse. L’approche fonctionnaliste qui met l’accent sur l’institutionnalisation ; l’approche interactionniste, centrée sur les réseaux et coopérations ; et l’action collective organisée, qui souligne la pluralité des logiques de justification. L’hypothèse centrale soutient que la reconnaissance artistique relève d’une action collective organisée, impliquant des acteurs variés (institutions, galeries, plateformes numériques, publics) et des dispositifs concrets (expositions, prix, réseaux sociaux). L’étude empirique, fondée sur des entretiens et une revue de terrain, vient illustrer la diversité des trajectoires d’artistes et les critères variables de légitimation, oscillant entre visibilité médiatique, validation institutionnelle, et cohérence narrative. Le mémoire conclut que la reconnaissance artistique contemporaine se joue dans un équilibre instable entre singularité, conformité, visibilité et inscription dans des réseaux de légitimation imbriqués, où l’artiste devient un acteur stratégique de sa propre reconnaissance.