Marguerite Gérard et la subversion du regard face à l’héritage de Fragonard

(2026)

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Ce mémoire traite de l’analyse de l’applicabilité des concepts de "male gaze" et "female gaze" à la peinture de genre de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècle. À travers une confrontation entre Jean-Honoré Fragonard et Marguerite Gérard, l’étude démontre comment cette dernière s’émancipe des structures visuelles patriarcales. L’étude démontre que Jean-Honoré Fragonard applique les codes du "male gaze" selon les théories de Laura Mulvey, John Berger ou encore Griselda Pollock. Dans ses scènes de genre et boudoirs, le corps féminin est réduit à un spectacle passif et fétichisé pour satisfaire le plaisir érotique d’un spectateur masculin implicite. L’analyse interroge également les questions du viol et de la pédophilie au vu de certaines de ses représentations. Si Marguerite Gérard s’approprie, elle aussi, ces codes du "male gaze" dans plusieurs œuvres, elle s’émancipe de cet héritage pour façonner un véritable "female gaze". La femme cesse alors d’être un objet de voyeurisme pour s’affirmer comme un sujet actif, doté d’une conscience, d’un intellect et d’un désir propre. Cette subjectivité amène à un traitement original des gynécées et de la sociabilité féminine.