En quoi les expériences du vieillissement vécues et exprimées par des femmes permettent-elles de questionner les normes d’engagement, de visibilité et de pouvoir dans nos sociétés ? Et en quoi la vieillesse des femmes reste-t-elle un angle mort dans les luttes féministes actuelles ?

(2025)

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Ce mémoire s’attache à explorer une double problématique : en quoi les expériences du vieillissement vécues et exprimées par des femmes permettent-elles de questionner les normes d’engagement, de visibilité et de pouvoir dans nos sociétés ? Et pourquoi la vieillesse féminine demeure-t-elle un angle mort dans les luttes féministes contemporaines ? Pour y répondre, une recherche documentaire a été menée en mobilisant ouvrages journalistiques, productions artistiques, archives militantes et textes issus des sciences sociales, complétée par une analyse croisée de trois ouvrages féministes contemporains. L’enquête s’est enrichie d’entretiens qualitatifs avec trois femmes âgées engagées, afin d’éclairer, depuis les premières concernées, les formes de résistance ou d’adhésion aux normes de genre et d’âge. Cette recherche met en évidence comment les dynamiques capitalistes et performatives, conjuguées à l’âgisme, construisent la vieillesse féminine dans des espaces de relégation, d’assignation ou de silence. Elle souligne aussi la capacité de certaines femmes à transformer ces lieux marginaux en espaces de réinvention, d’engagement ou de transmission. En s’intéressant à la place des vieilles dans les luttes féministes actuelles, ce travail met en lumière une intersectionnalité incomplète, tant que l’âge demeure exclu des analyses structurelles de domination. Il invite à requestionner les formes d’engagement, les relations intergénérationnelles et les récits qui rendent (in)visible la vieillesse des femmes. Ce mémoire propose ainsi de sortir des représentations normatives du vieillissement comme déclin pour penser la vieillesse comme une expérience située, traversée par l’Histoire, les rapports sociaux et les formes d’inégalités. Il ouvre plusieurs pistes de recherche et d’action : intégrer les voix de féministes issues de classes populaires, de milieux ruraux ou LGBTQIA+ ; interroger les représentations du vieillissement chez les jeunes militantes ; et penser la politisation de la vieillesse au croisement d’enjeux matériels (santé, care, retraite, isolement, habitat collectif). Ce travail s’inscrit dans une volonté de rendre visible un mouvement en gestation, porté par des voix multiples, et de contribuer à une relecture féministe et politique du vieillissement.