Comment l’intime devient-il le théâtre de l’Histoire ? Étude comparée de L’art de perdre d’Alice Zeniter et The Bastard of Istanbul d’Elif Shafak.
Files
VANDEPUTTE_07262000_2026.pdf
Closed access - Adobe PDF
- 1.65 MB
VANDEPUTTE_07262000_2026_Annexes.pdf
Closed access - Adobe PDF
- 407.59 KB
Details
- Supervisors
- Faculty
- Degree label
- Abstract
- Ce mémoire s’organise en trois parties autour de la mémoire intergénérationnelle de deux familles ayant survécu à des guerres civiles ou à des génocides. Il s’agit d’une analyse d’une analyse comparée de deux romans contemporains : L’art de perdre d’Alice Zeniter et The Bastard of Istanbul d’Elif Shafak. La première partie analyse L’art de perdre comme un récit de mémoire empêchée puis reconstruite par Naïma, descendante de Harkis. Nous avons mobilisé Maurice Halbwachs pour démontrer la création d’une mémoire nouvelle, à la fois individuelle, familiale et collective. Le roman propose un récit des voix « d’en bas » qui donne la parole aux oubliés de l’Histoire et relie les générations entre la France et l’Algérie. La deuxième partie étudie The Bastard of Istanbul, où Elif Shafak revisite la mémoire du génocide arménien face au déni turc. Nous avons mis en évidences les divers procédés postmodernes et fantastiques que l’autrice utilise pour déconstruire le récit national tout en soulignant la subjectivité de l’histoire. La troisième et dernière partie compare les deux œuvres comme des sagas familiales qui contestent les narrations officielles. Ainsi, les deux autrices utilisent des stratégies différentes mais convergentes vers une revalorisation des mémoires marginalisées. C’est pourquoi les protagonistes féminines de troisième génération jouent un rôle central dans la reconstruction et la transmission mémorielle. Enfin, ces romans proposent une mémoire « rhizomique », multiple et connectée qui s’oppose en tout point à une vision linéaire et étatique du passé.