Comment les types de différenciation pédagogique varient-ils selon l'indice socioéconomique des écoles et le niveau de collaboration entre enseignants ?

(2025)

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Ce mémoire s’inscrit dans le champ des sciences de l’éducation et vise à analyser comment certains facteurs contextuels influencent les choix des enseignants en matière de différenciation pédagogique. La question centrale qui guide cette recherche est la suivante : « Comment les types de différenciation pédagogique varient-ils selon l'indice socioéconomique des écoles et le niveau de collaboration entre enseignants ? ». Pour y répondre, nous avons mobilisé plusieurs cadres théoriques, notamment les travaux de Tomlinson & al. (2003) ainsi que de Deunk & al. (2018), les principes de justice éducative (van Vijfeijken & al., 2023) et les recherches portant sur la collaboration professionnelle (Hargreaves & Fullan, 2012). L’étude repose sur l’analyse qualitative de vingt entretiens menés auprès d’enseignants de différents contextes scolaires. Les résultats soulignent une prédominance de la différenciation convergente, qui semble considérée comme plus praticable dans le cadre des contraintes liées au métier. À l’inverse, la différenciation divergente, plus individualisée et centrée sur chaque élève dans le but d’atteindre son plein potentiel, est très peu utilisée, excepté dans des cas d’hétérogénéité extrême. Dès lors, le facteur de l’ISE joue un rôle important. Dans les écoles à ISE faible, la différenciation convergente semble être la norme et est utilisée pour faire face à des besoins plus fréquents en remédiation. Dans les établissements à ISE élevé, les enseignants possèdent de meilleures conditions pour varier leurs pratiques, mais évitent la différenciation divergente par crainte d’accentuer les écarts entre les élèves ou encore par faute de temps pour assurer une mise en œuvre efficace de ce dispositif. En revanche, la collaboration entre enseignants n’a pas d’impact direct sur le type de différenciation choisi. Toutefois, dans les rares contextes où la différenciation divergente est adoptée, elle nécessite une collaboration forte, structurée et continue pour être efficace. Ces résultats apportent plusieurs pistes de recherche. Il serait intéressant d’analyser plus en profondeur les conditions institutionnelles et organisationnelles qui seraient favorables à la différenciation divergente, ainsi que les freins qui en limitent l’usage. Le rôle des représentations pédagogiques, des valeurs éducatives ou encore des politiques d’établissement mériterait également d’être approfondi. Enfin, il serait intéressant de continuer cette analyse en s’intéressant à la manière dont les élèves ressentent ces différentes formes de différenciation et également les effets qu’ils perçoivent sur leurs apprentissages.