L’influence d’un épisode unique de pleine conscience sur le « craving » à la nicotine
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- Le tabagisme est un problème de santé colossal puisque près d’un milliard de personnes fument à travers le monde. Des facteurs de risques génétiques, psychologiques et sociaux, en plus de possibles comorbidités tels que troubles mentaux, dépressifs, anxieux et addictifs, amènent l’individu à consommer et développer une dépendance. La recherche sur les mécanismes responsables du maintien de la dépendance tabagique ne cesse d’évoluer et se focalise notamment sur le craving, forte volonté subjective composée de pensées obsessionnelles qui encourage l’incitation à s’auto-administrer une drogue dans le but de soulager des symptômes de sevrage désagréables ou de ressentir des affects positifs. Celui-ci s’avère être un symptôme responsable du maintien de la dépendance tabagique et de la rechute en cas d’abstinence. La technique dite de pleine conscience « mindfulness » s’avère efficace pour pallier au symptôme du craving. L’objectif de cette présente étude est d’évaluer l’efficacité d’un épisode unique de pleine conscience dans le contexte du laboratoire sur la variable du craving. Un total de 36 fumeurs compose notre échantillon, réparti aléatoirement soit dans la condition expérimentale « pleine conscience » soit dans la condition contrôle « imagerie mentale ». Malgré des résultats non significatifs pour notre hypothèse principale, à savoir la manipulation expérimentale pleine conscience diminuera les scores de craving post-induction, d’autres résultats se sont révélés néanmoins intéressants. En effet, les analyses ont permis de démontrer que les personnes hautement conscientes/attentives dans l’instant présent lors d’activités quotidiennes auraient moins envie de fumer, tandis que les personnes jugés faiblement conscientes verraient leur désir de fumer augmenter. Ce qui signifie que la pleine conscience-trait (conscience mesurée par le MAAS) a davantage d’influence que la pleine conscience-état que nous avons mise en place en laboratoire. De plus, des corrélations ont permis de confirmer ce lien négatif ainsi qu’un lien positif entre le score de dépendance (FTND) et le score de craving. Au plus les individus sont dépendants, au plus leur désir de fumer pour ressentir des affects positifs et/ou soulager des affects négatifs sera fort. Ces résultats sont dans la lignée d’études récentes qui soutiennent que la composante conscience/attention permet de diminuer le craving au chocolat (Lacaille et al. 2014). Cette présente étude offre un pas supplémentaire vers une compréhension détaillée du processus de craving responsable du maintien de la consommation de tabac et ouvre de nouvelles perspectives prometteuses de traitements thérapeutiques.