Apprentissage traditionnel, trajectoires socioprofessionnelles et construction identitaire des jeunes au Togo
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- Cette recherche, inscrite dans le champ des sciences de l’éducation, porte sur l’apprentissage traditionnel au Togo, une voie importante de formation professionnelle et d’accès au travail pour de nombreux jeunes. Malgré cette place, il reste souvent associé à l’échec scolaire, à une orientation par défaut et à une moindre valorisation sociale des métiers manuels. L’étude cherche à comprendre pourquoi des jeunes togolais s’engagent dans l’apprentissage traditionnel et quelle place cette expérience occupe dans leur parcours. Elle analyse plus particulièrement les relations entre leurs trajectoires scolaires, familiales, sociales et économiques, les représentations de l’apprentissage, l’expérience vécue dans l’atelier, le rapport au métier et la construction de l’identité professionnelle. La recherche adopte une démarche qualitative et compréhensive. L’enquête a été menée à Lomé, Aného et Kpalimé auprès de vingt jeunes âgés de 18 à 27 ans, dont douze parcours ont été analysés de manière approfondie. Les données, recueillies par entretiens semi-directifs, ont été analysées à partir d’un modèle articulant trajectoires, représentations sociales, socialisation professionnelle, reconnaissance, identité professionnelle et insertion. Les résultats montrent que l’entrée dans l’apprentissage ne peut être réduite à l’échec ou à la rupture scolaire. Les contraintes économiques, familiales ou scolaires se combinent avec l’intérêt pour un métier, l’influence de l’entourage, la recherche d’autonomie et, parfois, un projet professionnel déjà affirmé. L’atelier constitue ensuite un espace central d’apprentissage, où les compétences se développent par l’observation, la répétition, la participation progressive au travail réel et les relations avec le maître, les pairs et les clients. L’expérience du métier peut progressivement modifier les représentations initiales et renforcer le sentiment de compétence, la fierté et l’identification professionnelle. L’apprentissage apparaît ainsi comme un espace possible de construction et de revalorisation des trajectoires, même si ses effets varient selon les conditions de formation, les ressources disponibles et les formes de reconnaissance obtenues. De futures recherches pourraient approfondir les parcours d’abandon, suivre les jeunes de manière longitudinale, observer directement les pratiques en atelier et intégrer davantage le point de vue des maîtres artisans, des familles et des acteurs institutionnels. Références principales : Abric (1994) ; Moscovici (1961) ; Dubar (2015) ; Lave et Wenger (1991) ; Marguerat (1996) ; Filipiak et Walther (2008). Mots-clés : apprentissage traditionnel ; représentations sociales ; socialisation professionnelle ; identité professionnelle ; insertion socioprofessionnelle ; Togo.